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Le blog de Keyvan Nilforoushan

Usages Mobiles 2 – Mon téléphone n’est pas un ordinateur ! – Reboot8

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[Cette note est la deuxième d’une série de trois. La première, qui fait un état des lieux, peut-être trouvée ici : Usages Mobiles – Etat de l’art]

Je reviens sur les causes de la pénurie de véritables nouveautés en termes de services mobiles. La prochaine donnera quelques exemples d’applications nouvelles.

A. “A vous qui ne m’avez jamais connue”

Om Malik imagine la relation entre les opérateurs cellulaires et leurs clients (Mobile Industry Doesn’t Get Consumers) comme “une conversation entre une personne qui parle seulement norvégien, et une autre personne qui parle couramment Swahili.”

Il remarque en effet que l’année dernière, deux études réalisées par le même cabinet (RBC Capital Markets), trouvent :

  • Pour celle réalisée auprès d’experts en mobilité, que 63 % pensent que les consomamteurs veulent regarder des films et la télévision sur leur mobile, et que 72 % pensent que les clients toléreraient de la publicité sur leur cellulaire
  • Pour celle réalisée auprès d’utilisateurs de mobiles, que 23% de ces derniers voient l’intérêt de regarder la télé ou des films sur leurs mobiles, et que seulement 20% toléreraient d’y recevoir des pubs, et à la condition expresse que cela baisse leur coûts de communication.

Chris Heathcote, déjà cité dans la note précédente, définit cette incompréhension mutuelle comme une cause de l’insistence des acteurs à penser que le mobile ne peut, et ne doit, servir que comme outil de remplacement quand un PC n’est pas à portée de main.

Tous les indicateurs montrent qu’un très grand nombre des utilisateurs de mobiles qui utilisent le Rich Media le font pour créer des photos, des vidéos, et les partager. Ils se positionnent en tant que prosumers. Pourquoi alors les opérateurs concentrent-ils leurs efforts sur le processus inverse, qui est de leur proposer de consommer des médias produits de manière centralisée ?

Le problème est traité à l’envers.

B. Semper Aedem

Cela explique selon Heathcote – et je partage cet avis – que les obstacles à l’adoption sont mal définis.

Les opérateurs citent généralement la taille de l’écran, la vitesse de l’appareil, l’absence de clavier, et la vitesse du réseau.

Les vraies barrières sont les coûts de transfert (à quand les forfaits données illimitées), la durée de vie des batteries, la volonté des opérateurs de contrôler ce qui circule sur leurs réseaux, et le raisonnement consistant à dire “de toute façon, je suis toujours à moins de 2 heures d’un ‘vrai ordinateur’.”

Il remarque notamment :

Technorati Tags: , ,

Le Mobile est social. Beaucoup de gens ont essayé de vendre des applications mobiles en utilisant le scénario de “je suis en train d’attendre un bus” (les applications et le contenu mobile comme interstices dans la vie quotidienne) mais le mobile est social, et ce qui est intéressant est de prendre l’Internet et de le rendre social (citation reprise via Nicolas Nova)

C. Primitives Sociales

La volonté des utilisateurs de vouloir toujours plus personnaliser les produits qu’ils utilisent ne se comprend que si nous replaçons ces utilisateurs dans leur environnement social.

Par exemple, une sonnerie de mobile, contrairement à une sonnerie de fixe ou d’interphone, est entendue par la communauté – les amis – de l’utilisateur. La sonnerie d’un mobile est un symbole de statut. C’est ce qui explique que la personnalisation de cet avatar représente un si gros marché : plus de 500 millions de dollars, juste pour les Etats-Unis, en 2005 (selon le Washington Times).

D. Quo vadis ?

On se rappelle des premières années du cellulaire ou la première question de beaucoup de conversations était “Où es-tu ?”. Aujourd’hui, c’est très souvent “Est-ce que j’appelle à un bon moment ?” Un autre intervenant à Reboot, Jyri Engeström, pense que le mobile devrait intégrer des fonctionnalités permettant de s’affranchir de ces questions. Pour lui :

Le Mobile 2.0 n’est pas une question de Multimédia, c’est une question de rendre possible la vision périphérique sociale – à travers le temps et à travers l’espace.

Un peu comme les logiciels de messagerie instantanée permettent de voir si l’interlocuteur est disponible, en réunion, chez lui, au bureau – les mobiles devraient permettre la même “vision périphérique” – c’est la notion de présence.

Il ne s’agit pas d’un voeu pieu. Il s’agit d’un usage que les utilisateurs ont déjà bricolé avec les outils à leur disposition – signe que la demande existe. C’est ce que les adolescents japonais recréent actuellement avec le flux quasi-permanents de SMS vers leurs amis : le contenu du message n’a pas d’importance, c’est son existence qui importe. Elle veut dire “tout va bien, je pense à toi.”

Il est forcément possible d’utiliser de meilleurs outils pour cela qu’un échange permanent de SMS ! Et si vous en connaissez, cela m’intéresserait d’en entendre parler…

Crédit Photo : Reinvented

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One thought on “Usages Mobiles 2 – Mon téléphone n’est pas un ordinateur ! – Reboot8

  1. mobile industry doesn’t get consumers -> pouruqoi ça ? :)

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