Inario

Le blog de Keyvan Nilforoushan

Pourquoi la France est incapable de créer un nouveau Microsoft ?

Dans la suite de la précédente note sur Les Français et l’esprit d’entreprendre, un article du Monde (via Pascal) : Pourquoi la France est incapable de créer un Microsoft.

Pour citer l’article :

Selon une étude du Comité Richelieu, six entreprises créées aux Etats-Unis après 1960 figurent parmi les 25 plus grandes sociétés américaines : Microsoft, Cisco, Dell, Home Depot, Intel et Wal-Mart. Mais une seule, l’éditeur de logiciels allemand SAP, figure parmi les 25 plus grandes firmes du Vieux Continent.

Même si je suis moins défaitiste que l’auteur de l’article – il existe en France de belles success stories – il est vrai que toutes les initiatives permettant de résorber le déséquilibre en faveur des groupes établis sont les bienvenues.

Un début de solution sur ITtoolbox par un acheteur informatique d’une société du Fortune 100 américain (via BeyondVC) :

With this thought in mind, I have decided to take deliberate action in making this situation better for both parties. I am reserving Friday’s at 5pm on my calendar to talk with venture capital firms who want to bounce ideas off me related to funding or to listen to the pitches of early stage Internet startups that simply need a sounding board for someone who sits in the walls of corporate America on a daily basis…

Les Francais et l’esprit d’entreprise – Financer le développement

Article intéressant chez Frederic Casagrande sur Les Français et l’esprit d’entreprise :

Bref, les Français créent des entreprises, beaucoup même, puisque 2004 a vu 320.000 nouvelles immatriculations, et c’est une bonne chose, quoi qu’on en dise. Mais ces entreprises ont du mal à se développer et à créer des emplois […]

En effet, les politiques économiques de l’Etat sont très axées sur le lancement des entreprises. Aides, exonérations, enveloppes et autres procédures facilitent la création, mais la situation devient souvent préoccupante dès que le soutient de l’Etat cesse.

C’est on ne peut plus vrai : les financements (à la fois étatiques, et de la part de nos confrères) sont nombreux et abondants pour les jeunes entreprises. Quand ces entreprises parviennent à réaliser un chiffre d’affaires conséquent, les banques prennent le relais avec des crédits devenus très attractifs aujourd’hui.

C’est entre les deux – dans cette phase justement de développement et de consolidation de la croissance – que les entreprises doivent faire face à un assèchement des sources de financement. Cet Equity Gap (pour reprendre la terminologie du gouvernement anglais) est bien identifié. Nous commençons à voir des premières initiatives pour le résorber (comme les SBIC à la française destinés à augmenter les montants investis par les fonds de capital développement comme le nôtre).

Mais il reste du chemin à parcourir ; le modèle américain demandant d’attribuer un pourcentage des marchés publics aux PME est une bonne solution. Il aide à compenser l’aversion au risque des acheteurs de grands groupes (“Personne ne s’est jamais fait licencier pour avoir choisi du matériel IBM“) en donnant aux PME des premières références de marchés réalisés avec succès.

On observe aussi, dans le modèle américain, que l’accès au financement pour des entreprises en développement aide à lutter contre un autre problème : l’absence d’investissement en amorçage. En effet, ce sont le plus souvent ceux qui ont monté une première entreprise avec succès qui deviennent les business angels les plus actifs – comme Jeff Bezos ou Pierre Omydiar.

Outsourcer Microsoft Exchange ?

Une petite recommandation pour un fournisseur dont nous pensons beaucoup de bien : Mi8.

Nous essayons de consacrer le maximum de notre temps à notre coeur de métier, l’investissement, et donc de sous-traiter au maximum les tracasseries techniques et administratives.

C’est déjà ce que nous avions fait pour le site web hébergé par Typepad. Pour l’email, nous ne voulions surtout pas devoir gérer en interne toute la maintenance et l’installation d’un serveur Microsoft Exchange.

Mi8 propose une solution consistant à mutualiser ses clients sur des serveurs Exchange hébergés chez eux. Ils s’occupent de toute la maintenance, des sauvegardes, … et vendent leur solution sous forme d’un abonnement mensuel par utilisateur (avec éventuellement une option Blackberry Server permettant d’éviter – légalement – le coût d’achat de la licence).

La qualité de service est excellente, et les interruptions très rares. Pour les petites et moyennes entreprises qui veulent bénéficier des mêmes outils que les grands groupes, c’est probablement une solution idéale.

P.S. : J’entends aussi beaucoup parler d’EasyTeam, qui propose une solution similaire pour les entreprises de 50 personnes et plus, sur une base Oracle. Leur solution intégre en plus des outils collaboratifs et de gestion documentaire.

iPod et Radio

Rassurant : selon une étude citée par AdRants, seulement 8 % de ceux qui possédent un lecteur MP3 depuis plus de 6 mois affirment que cela les a conduit à diminuer le temps passé à écouter la radio.

Beaucoup moins rassurant : parmi les 12-18 ans, le chiffre monte à 45 %…

Tendances médias

Les garçons perdus

Nous parlions dans la note sur La publicité sans public de la diminution d’audience des chaines hertziennes (américaines) sur la tranche — particulièrement profitable — des hommes de 18 à 34 ans.

Mise à jour : selon The Lost Boys, ces chaînes ont perdu sur cette cible 7,8% d’audience supplémentaire entre septembre 2004 et Avril 2005, au profit des chaînes gratuites du cable (+5,3%) et des jeux vidéos (source : Nielsen)

Plus généralement, je reprends les tendances à moyen terme des principales formes de médias — elles aussi extraites du blog de The Long Tail, le livre à paraître de Chris Anderson. L’article original, Mainstream Media Meltdown, contient des liens vers les sources de tous ces chiffres :

En baisse :

  • Music: sales last year were down 21% from their peak in 1999
  • Television: network TV’s audience share has fallen by a third since 1985
  • Radio: listenership is at a 27-year low
  • Newspapers: circulation peaked in 1987, and the decline is accelerating
  • Magazines: total circulation peaked in 2000 and is now back to 1994 levels (but a few premier titles are bucking the trend!)
  • Books: sales growth is lagging the economy as whole

En hausse :

  • Movies: 2004 was another record year, both for theaters and DVDs
  • Videogames: even in the last year of this generation of consoles, sales hit a new record
  • Web: online ads will grow 30% this year, breaking $10 billion (5.4% of all advertising)

Online, Offline, et Cannibalisation

La plupart des éditeurs de contenus (je pense notamment aux journaux quotidiens) ont peur de diminuer leurs ventes traditionnelles en mettant leurs contenus en ligne – par substitution.

Un bon point de vue à ce sujet sur le site de Fred Wilson, The Truth about online cannibalization :

I want to say this loudly and clearly, so loudly that the old media people will hear this.

Online does not cannibalize offline, it turbocharges it.

Je reprends un des cinq exemples cités pour défendre ce point de vue :

Yankee Hotel Foxtrot – This story has been told a thousand times, but I’ll tell it once more. Wilco recorded this album and its label, Reprise, decided they didn’t like it and didn’t want to release it. What did Wilco do? They released it on the Internet. For free. Then they went shopping for a new label. They eventually found one, Nonesuch, and they released the album in CD format at the normal price. What happened? The record sold more than any record they had ever released at the time. It was a huge hit for the band and took them to a new level. Now Wilco will do that with every album they put out according to Jeff Tweedy. It’s smart marketing.

Et c’est vrai : qui a vraiment envie aujourd’hui, pour consulter un article paru la semaine dernière dans un quotidien, de devoir effectuer une transaction carte bleue ? Ce n’est même plus le prix qui est l’obstacle, c’est l’effort.

En revanche, si je trouve, régulièrement, des articles qui m’intéressent dans les anciens numéros, je serai plus tenté de m’abonner pour recevoir chaque jour les articles du jour.

L’impact de la cannibalisation est régulièrement surestimé.

Starbucks (la chaîne de cafés américaine) ouvre souvent un deuxième magasin quasiment à côté d’un magasin existant. Il se sont rendus compte qu’après une période initiale où les ventes du premier magasin diminuent, chaque magasin retrouve rapidement un volume de ventes normal.

Le jeu n’est pas à somme nulle.

Investissement publicitaire et traçabilité

Lancement du projet Apollo

Dans la continuation des notes précédentes sur la mesure du retour sur investissement des publicités dans les médias de masse, un article de Wired sur le Projet Apollo de VNU : Ad Execs Want to Track Every Move.

Ce projet propose de faire porter à un panel un appareil électronique qui enregistrerait (grâce à des signatures audio) l’intégralité des messages publicitaires auxquels les porteurs sont exposés pour les rapprocher de leurs achats.

Tout cela, dans un but de traçabilité, afin de calculer les retours sur investissements publicitaires. Lancement prévu l’année prochaine.

Quarante ans plus tôt

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L’article cite une phrase de John Bosarge, senior VP de VNU Advisory Services, qui rappellera notre note sur La Publicité sans Public :

Pouvoir aller voir les trois réseaux TV [ABC, CBS et NBC] et toucher 95% des clients comme dans les années 50 et 60 — c’est fini. Il faut commencer à penser à varier les messages (traduction : ALNS)

Effectivement. Selon Advertising Age, cité dans The Economist (The online ad attack), le chiffre d’affaires de Google et Yahoo! dépassera cette année les revenus obtenus par les trois grands réseaux télé américains combinés pour leurs publicités en prime-time.

Et pourtant, beaucoup de grandes entreprises, selon The Economist, n’allouent encore que 2 à 4 % de leurs budgets marketing à Internet (qui représente déjà nettement plus en termes d’usage et d’attention des consommateurs.)

La différence est donc partie pour s’accentuer.

Un an plus tard

Ce différentiel explique en bonne partie les résultats de l’étude IAB (Internet Advertising Bureau) 2004 , citée par John Battelle, qui trouve que le chiffre d’affaires de la publicité Internet a cru de 33% l’année dernière pour atteindre 9,6 milliards de dollars.

A noter : une augmentation de la part de publicité “directe” (liée à la recherche, aux petites annonces,…) ciblant des clients dont les habitudes — ou au moins les intentions — sont connues, au détriment de la publicité par achat d’espaces.

La traçabilité existe déjà … ailleurs

On pourrait cependant voir le début récent, pour Google, d’une nouvelle offre de publicité facturée au nombre d’impressions (CPM) comme une érosion de ce modèle où seuls les résultats sont rémunérés – la facturation au coût par clic (CPC) — au profit du modèle suivi par les médias classiques.

Pourtant, une différence fondamentale subsiste : même si la performance des publicités n’est pas rémunérée dans le modèle CPM, elle reste directement mesurable — et donc un facteur de décision pour l’annonceur.

Dans ce sens, Google, qui joue le rôle de régie publicitaire en vendant de l’espace sur les sites de tierces personnes, se distingue des régies traditionnelles en vendant non une typologie d’audience a priori (que l’annonceur ne connaît souvent pas) mais un taux de transformation a posteriori.

Dès la mise en ligne de la publicité, ce taux est mesurable par l’annonceur — sans avoir besoin des dispositifs électroniques du projet Apollo.

Et l’année prochaine ?

Pour citer Simon Waldman, du Guardian Online (repris par Jeff Jarvis) :

Le plus frappant est le rythme de tout cela. Explosif. Entretenu par une course aux armements avec Yahoo! qui semble faire ressortir le meilleur des deux acteurs.

Le fait est — soyons honnêtes — qu’il n’y a aucun moyen pour les organisations traditionnelles des médias de concourir à ce rythme. Ou même à la moitié de ce rythme. Ce n’est pas pour s’auto-flageller – c’est juste un fait, pour le meilleur ou pour le pire.

(traduction ALNS)

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Vitesse et accélération

Un bon exemple (issu de The Long Tail: In Defense of Endism) sur les différents points de vue qui peuvent justifier pour le même phénomène des lectures complètement différentes.

Cela explique notamment pourquoi l’intervalle de temps très court regardé par les marchés – la norme est aux publications trimestrielles – les conduit souvent à accorder (relativement) trop d’importance aux tendances de court terme par rapport aux fondamentaux de long terme.

 

[You] have to realize that there are three kind of people […]:

A) Position People
B) Velocity People (first derivative)
C) Acceleration People (second derivative)

Category A people think: "4 million subscribers is a lot. Consumer Reports must be doing something right."
Category B people think: "It used to be 4.2 million. Consumer Reports is in decline."
Category C people think: "They lost 200,000 readers in three years! Consumer Reports is dead."

Now I should quickly add that I have no idea if Consumer Reports is indeed losing readers; I just made those figures up for illustrative purposes […]. The point is that you probably know all three kinds of people I’ve described, and you may have noticed that while the first two perspectives are accurate, the third, which is clearly false, is the one that gets all the attention.

Gestion privée et allocation au capital-investissement

Une étude citée dans AltAssets, une newsletter spécialisée dans les investissements alternatifs – terme générique pour désigner des classes d’actifs comme le capital-investissement, les hedge funds, et l’immobilier locatif – indique que la part du portefeuille de leurs clients que les institutions anglaises de gestion de fortune allouent aux investissement alternatifs a doublé en 3 ans. Selon le président de Hotbed, qui a conduit l’étude :

Les gestions privées offrent à leur client un service sur mesure, alors la proportion varie en fonction des préférences et circonstances individuelles. Il n’y a cependant aucun doute que les investissements alternatifs jouent maintenant un rôle beaucoup plus important qu’il y a trois ans.

(traduction : ALNS)

Il faut prendre ces données avec un grain de sel, mais elles me semblent tout de même refléter une tendance générale, amorcée en grande partie par Calpers (le fonds de pension des fonctionnaires californiens) qui avait augmenté son allocation au capital-investissement de 5 à 7 %.

Lien : UK private banks double clients’ allocation to alternative investments in three years (nécessite de s’enregistrer sur le site)

Une autre note sur le sujet : Family Office et Private Equity.

 

Les logos ne suffisent plus

Suite à notre note de Janvier sur La valeur de la marque, une étude citée par PSFK (Brand logos no longer sell) :

A la question de l’importance des logos et étiquettes de marque pour les consommateurs aujourd’hui contre “il y a quelques années”, la majorité des sondés (66 %) a répondu qu’ils revétaient moins d’importance maintenant. Parmi les 7.500 personnes interrogées, le nombre de personnes qui considérent que les marques et les logos sont “beaucoup moins” ou “moins” important pour eux est presque 9,5 fois plus élevé que celui des personnes ayant dit qu’ils étaient “beaucoup plus” ou “plus” important. Pour Robert Passikoff, président de Brand Keys : “[…] Si vous décevez vos clients, vous verrez forcément des retombées décevantes.”

(traduction ALNS)

Nous revenons à la même conclusion : les marques qui s’en sortent restent celles qui représentent un gage de qualité dans l’expérience client.

Les clés de la compétitivité des PME

ABSTRACT : Pour préserver leur compétitivité et leur croissance, la France et l’Europe doivent renforcer la capacité à innover de leurs entreprises, et rattraper rapidement leur retard en matière de productivité du travail.   

Ce retard en matiére d’innovation et de productivité est essentiellement dû à une plus faible intégration des TIC aux cœur des entreprises : les  gains de productivité dus aux nouvelles technologies proviennent, à hauteur de 2/3, de l’utilisation de ces dernières dans des entreprises de l’économie traditionnelle, et en particulier les PME, qui augmentent ainsi leur profitabilité et leur rentabilité – ce qui confirme l’enjeu de l’innovation par l’usage.

Cela a d’autant plus de sens pour une entreprise de réaliser aujourd’hui une bonne intégration des nouvelles technologies qu’en matière de technologie, le pouvoir de marché est maintenant détenu par les acheteurs et non les développeurs  et /ou vendeurs de technologie. L’effet de levier est maximal pour les PME des domaines où les flux informationnels et transactionnels sont les plus importants, notamment la distribution, les médias et les services.

Télécharger l’étude complète (pdf)

Download english version (pdf)

Presse : quels revenus de substitution ?

Vu sur Circulation Dropping, un site sur la presse et l’édition (Via John Battelle):

Chiffre d’affaires agrégé pour les sites web de journaux [américains] en 2004 : 1,19 milliards de dollars, avec près de la moitié de ce chiffre provenant de petites annonces

Chiffre d’affaires pour Google Adwords [liens sponsorisés] en 2004 : 3,14 milliards de dollars

(traduction ALNS)



Il y a de plus en plus d’expériences différentes de la part de journaux voulant monétiser leur présence web — de la vente d’articles à l’inclusion de publicités dans le corps du texte (plus de détails sur le site de Richard Menneveux). A ma connaissance, le bon modèle reste à trouver…

LBO en open-source ?

Je viens de voir une initiative intéressante sur le site de Bruno Couly : il est en train de monter un projet de reprise de société par LBO (achat à effet de levier), et décrit précisément sur son site toutes les étapes de son parcours avec les financiers et les banquiers (voir la première note).

C’est vraiment une lecture très intéressante pour tous ceux qui envisageraient de se lancer dans l’aventure de la reprise d’entreprise – ou qui sont déjà en train de lever des fonds pour leur projet – et veulent voir de près comment se déroule le processus.  Mais c’est aussi, pour les financiers comme nous, un feedback très utile sur la manière dont notre profession est perçue par les repreneurs qui nous présentent leur dossier…

Evidemment, la démarche n’est pas sans poser quelques problèmes de confidentialité, comme décrit dans cette note :

 

Je suis en train de toucher aux limites de ce qui peut être livré sur un blog. En effet, chaque personne que je rencontre maintenant dans le cadre de mes négociations pour ce LBO a lu mon blog. […] En octobre, quand je parlais blog à mes financiers et autres investisseurs, on me regardait comme un marginal du business. Maintenant on m’écoute comme un visionnaire du business. […]

Donc, aujourd’hui, mes interlocuteurs dans ce LBO, n’attendent pas que je leur parle de mon blog, ils l’ont déjà lu

(Disclaimer : nous n’avons pas rencontré Bruno Couly, qui semble s’être concentré sur des fonds régionaux).

Liens sponsorises : rémunération des appels entrants

Acheter des appels entrants ?

AOL propose maintenant de vendre de l’espace publicitaire rémunéré uniquement en fonction du nombre d’appels téléphoniques générés. Marc Barach, le directeur marketing d’Ingenio, qui met en place ce service pour AOL, est cité dans un article de Mediapost (enregistrement nécessaire):

Certains types de métiers ont du mal à assigner une valeur à une visite sur un site Web, ou n’ont pas de site Web. Ils n’ont pas de paniers de commandes en lignes. Ces entreprises là voient des obstacles à l’utilisation de la publicité sur Internet (traduction ALNS).

Les liens sponsorisés ont réussi en grande partie parce qu’ils rapprochent le fait générateur des coûts publicitaires de celui des revenus engendrés : si le taux de conversion des visiteurs en commandes est connu, il “suffit” d’augmenter leur nombre pour avoir un nombre connu de clients supplémentaires — même si c’est loin d’être aussi simple en pratique.

Pour la même raison, ce service me semble voué à réussir : le taux de conversion appel/vente est nettement plus élevé que celui d’un lien sponsorisé, et cela va donc dans le sens des annonceurs — qui voudraient idéalement payer leurs achats publicitaires en fonction directe du chiffre d’affaires effectivement généré.

Evidemment, si les médias connaissent bien leur audience, ils connaissent beaucoup moins la capacité que peut avoir le site web (ou le standard téléphonique) d’un annonceur à la monétariser – ces nouvelles offres correspondent donc à une plus grande prise de risque de leur part au profit d’une plus grande sécurité de leurs clients.

ROI : I comme investissement ?

La notion financière de ROI (Return on Investment) peut-elle se traduire si les retours attendus sont intangibles ?

Dans la suite de la note précédente sur les diverses manières de caractériser le succès d’une publicité Internet, un article de Mediapost conduit la même discussion au sujet des pubs TV: Agencies, Cable Net form task force, conduct research to define meaning of ROI.

L’article rappelle que quand une chaîne de télé et des annonceurs se parlent, le langage n’est pas du tout le même des deux côtés :

  • La chaîne raisonne en termes d’audience : combien de personnes regarderont l’espace publicitaire que je vends ? Qui sont-ils ?
  • L’annonceur raisonne en termes d’impact : au terme de ma campagne, combien de personnes auront acheté mon produit ? Combien s’en souviendront ?

Selon l’article :

En particulier, les annonceurs et les directions des programmes utilisent un large panel d’outils [comme] la “participation”, “l’engagement”, ou “l’attention” […] pour définir leurs plans média – avant de les voir réduits au moment des achats d’espace à des concepts classiques comme l’audience, ou le coût par millier.

C’est ce fossé que Court TV, une chaîne américaine dédiée au système judiciaire, essaye de combler (à son avantage), en lançant une action pour établir des définitions communes à tous les acteurs :

[Pour Court TV,] toute la stratégie commerciale des dernières années se concentre sur […] un panel d’études médias, comme des études d’audience Nielsen sur mesure, pour rechercher les chaînes présentant aux annonceurs l’audience la plus attentive. Sans grande surprise, les résultats de ces études sont particulièrement avantageux pour Court TV.

(Traductions : ALNS)

Statut de la Publicité sur Internet : mesurer le ROI

La publicité sur Internet doit-elle être considérée comme du marketing direct ou comme du branding ?

C’est un vieux débat, et Dans Branding or Direct Response? The Answer is Both, Chris Young pense que les deux objectifs peuvent être poursuivis. Il donne l’exemple des publicités de campagne de John Kerry, qui ont dans un premier temps servi à collecter de l’argent pour sa campagne, et ensuite à améliorer et défendre son image :



Early in the race it was imperative to John Kerry and the Democratic National Committee (DNC) to raise money to jumpstart his campaign. The result was a video that did three things: introduced the candidate, asked for e-mail names and ZIP codes (for a variety of targeting objectives later) and solicited a donation. More than 13 percent of the users who clicked on the John Kerry video ads stayed with it long enough to donate money towards the campaign. This is a terrific rate for any kind of direct response.

After the Democratic convention, the campaign moved into its “branding” phase or to voter persuasion. The DNC ran different spots created specifically for the Internet. During this part of the campaign, the percent of video viewed metric became a key indicator of success. Users overwhelmingly viewed a large portion of the ad before clicking through. For example, 59 percent of viewers watched between 18 to 24 seconds of the 24-second spot. Put another way, of the more than 50 million video impressions run by the DNC, approximately 30 million views watched at least 75 percent of the spots.



Je pense cependant que le débat est mal présenté : il est difficile de faire rentrer le web dans des case “web = mailing” ou “web = Télé” – sauf à rentrer dans l’excés consistant à dire que le web est juste une télé avec un bouton “Acheter”.

Si vous vendez des voitures, personne n’achétera votre nouveau modèle par Internet juste parce que votre site web est bien fait. Le tout premier but du site doit être de convaincre les visiteurs de venir chez un concessionnaire. L’information la plus importante (et la plus accessible) doit être un moyen de trouver les coordonées du concessionnaire le plus proche. Votre présence web sert au branding, avec un retour sur investissement qui se mesure en termes d’image et de notoriété.

En revanche, si vous vendez des CD et que vous traitez des milliers (ou millions) de commandes chaque jour, votre priorité est que l’acte d’achat soit plus facile pour le client sur Internet que par téléphone – et vous mettez en valeur le bouton “Acheter maintenant”. Votre site fait alors du marketing direct, avec un retour sur investissement mesuré en euros.

Frottements et coûts non monétaires

Le prix d’une transaction ne se résume pas toujours à celui indiqué sur l’étiquette, et cela est d’autant plus vrai que ce dernier est petit.

Diminution de la valeur unitaire des transactions

Deux facteurs expliquent une multiplication de petites transactions sur Internet :

  • Pour tout ce qui peut se distribuer électroniquement, les distributeurs n’ont plus de coûts de transaction à amortir (dématérialisation du transport)
  • Les clients peuvent payer électroniquement avec leur carte bleue sans devoir téléphoner ou poster un chèque (dématérialisation du paiement)

Ces deux facteurs ont le même impact : la diminution des coûts fixes de transaction permet de vendre des articles aux prix unitaires plus faibles. Et effectivement, par exemple sur iTunes, la majorité des transactions est à 0,99 centimes — par opposition, un processus de transaction similaire à celui utilisé pour l’achat d’un appartement serait absurde pour l’achat d’un simple morceau de musique.

Coûts non monétaires

En théorie économique, beaucoup de phénomènes se modélisent avec une “fonction d’utilité” qui intègre à la fois des facteurs monétaires (salaires, dépenses,…), et non monétaires (effort,…) Le plus souvent, cette deuxième catégorie de facteurs est négligée – pas parce qu’elle est négligeable, mais parce qu’elle est notoirement difficile à modéliser.

Pourtant, beaucoup de comportements ne s’expliquent qu’en intégrant tous ces coûts non monétaires (réponses en notes de bas de page) :

  • qu’est-ce qui fait, par exemple, que certaines personnes accepteront de travailler pour un salaire inférieur à leurs indemnités de chômage, alors que d’autres refuseront de travailler pour un salaire supérieur ? (1)
  • qu’est ce qui fait la valeur d’une marque, ou la différence de prix entre une Porsche Cayenne et une Volkswagen Touareg – virtuellement identiques (exemple de Seth Godin) ? (2)
  • pourquoi est-ce que Google, qui fait tous les efforts pour garder une interface apurée, conserve le bouton “J’ai de la chance” que quasiment personne n’utilise ? (3)

Impact sur les transactions Internet

Ventureblog argue que plus les montants monétaires des transactions vont diminuer, plus l’impact des coûts non monétaires dans la décision d’achat va augmenter (Of searches and Psychics ; The costs of Long Tail businesses). Cet article présente plusieurs types de coûts psychologiques, que je reprends en les appliquant à l’exemple d’Amazon :

  • Coût de recherche consistant à trouver le produit — qu’Amazon essaye de diminuer avec son mécanisme essayant de deviner ce qui est susceptible d’intéresser un client, pour lui proposer ces titres.
  • Coût de choix : quand le choix est trop élevé, les ventes diminuent — et effectivement, Amazon fait très attention à limiter le choix apparent. Soit le client sait ce qu’il veut, et il fera une recherche, soit Amazon lui présentera juste quelques titres (et pas un immense catalogue alphabétique.)
  • Coût psychologique de l’acte d’achat : chaque acte d’achat à un coût. C’est pourquoi quelqu’un qui bénéficie d’un abonnement illimité (au téléphone, dans son vidéoclub,…) aura le sentiment de payer moins cher que quelqu’un qui paye à la minute ou à la location — et souvent à tort. Amazon, encore une fois, a eu une idée très originale consistant à proposer un abonnement annuel permettant ensuite de ne plus payer les coûts de transport, ce qui est un formidable outil de fidélisation.

C’est pourquoi le futur où chaque fragment d’information sur Internet pourra être monétarisé (fonctionnement du type “cliquez ici pour payer 0,03 centimes et lire l’article”) semble plus loin qu’on ne l’entend souvent. Tout porte à croire que les utilisateurs préféreraient des formules au forfait, ou prépayées — et en particulier, tout système qui pourrait leur éviter de devoir saisir un numéro de carte bleue pour chaque transaction à 20 centimes d’euro.

Il est possible de diminuer les coûts non monétaires de transaction, mais il faut d’abord mieux les connaître.

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Liens sponsorisés sur Internet

Les internautes savent-ils la vraiment distinguer entre les résultats de recherche "classiques" et les liens payants ?

L’habitude veut que les entreprises prérérent avoir un bon classement
parmi les résultats "organiques", qui reflétent le score attribué par le
moteur de recherche au contenu d’un site pour un mot clé donné, plutôt
que parmi les résultats payants — qui reflétent surtout les dépenses
publicitaires de l’annonceur pour le mot clé.

Pourtant, selon une étude Pew Internet and American Life Project, reprise par Wired (Users Confuse Search Results, Ads), seulement 1 utilisateur sur 6 sait faire la différence entre des résultats de recherche organiques et des publicités.

Paradoxalement, 45 % des personnes interrogées affirment qu’ils arréteraient d’utiliser les moteurs de recherche s’ils n’indiquaient pas suffisament clairement la distinction entre les deux sortes de lien.

Syndication et RSS

Suite à quelques questions sur l’utilité du lien "Syndication (XML)" à gauche de la page : il sert à pouvoir récupérer toutes les notes publiées sur ce site (et beaucoup d’autres : CNN, Glowria,…), au fur et à mesure de leur publication — dans des logiciels spécialisés. Et cela évite par la même occasion de devoir retourner sur ces sites juste pour voir s’ils ont été mis à jour.

Cela s’appelle le RSS – une forme simplifiée de web services, et vaut vraiment la peine de s’y intéresser ; à la fois pour les nouveaux usages que cela crée, et plus pragmatiquement parce que cela rend la lecture de sites web d’actualités beaucoup plus agréable.

Le phénomène est décrit avec beaucoup plus de détails sur Ventureblog (RSS – Really something special), avec un mode d’emploi détaillé. Sinon, une visite sur Bloglines est probablement un bon point de départ.

Le (mystérieux) triangle d’or – suite

Le triangle d’or n’existe pas que pour Google — une autre étude, sur une grande variété de sites web, montre le trajet habituellement suivi par les yeux parcourant une page web :

 Eyetrack2004 Images Eyemovement

Plus généralement, cette étude contient beaucoup de conseils utiles pour maximiser l’ergonomie et la résilience d’un site web – lecture recommandée !

(Lien via Seth Godin – More on Eyetrack)

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